Article dans La Montagne du 5 avril 2017

Voici un bel article publié aujourd’hui en page 30 du journal La Montagne, rubrique « Evasion Sport », par la journaliste Marie Beytout. Fidèle à nos propos et complet, et il vaut d’être lu et diffusé largement !

17-04-05 - Article La Montagne page 30

Des armes anciennes version mousse

Sport international enseigné pour le moment en France dans deux clubs auvergnats, le Modern Sword Fighting (MSF) vient des pays de l’est de l’Europe. Historiquement, c’est une façon de former les enfants sur une forme de combat d’inspiration médiévale.

S’il devait partir en croisade, Guillaume Andrieux la lancerait de Champeix et de Saint-Germain-l’Herm. Elle aurait pour objectif de populariser un sport de combat inspiré par les armes du Moyen-Âge, destiné en premier lieux aux jeunes. Et il se munirait d’épées et de boucliers en mousse !

Cet éducateur sportif, président de la FFMSF, venu de Reims et du rollerskating, a lui-même troqué ses patins contre une armure et des armes historiques pour se livrer à des joutes de béhourd (sport de combat médiéval). Un sport qui n’est pas accessible aux enfants.

Pourtant, il suffit d’avoir deux ans à peine pour vouloir s’escrimer à l’aide d’un bout de bois. L’imaginaire du chevalier est là, dès le plus jeune âge, mais si puissant soit-il, il ne résiste pas au petit coup traitre et douloureux sur un doigt ou à la peur des parents d’un accident plus grave.

Il est donc impossible d’imaginer enfiler l’attirail historique en métal à ces jeunes pages de moins de 18 ans, et de leur apprendre à se battre jusqu’au K.-O. avec de violents coups d’épée et de hache. C’est pour cela que Guillaume Andrieux a créé avec Thomas Diedic les deux associations de Modern Sword Fighting en s’inspirant des précurseurs russes dont la culture essaime vers l’ouest.

« L’intérêt du MSF est que c’est un vrai sport de combat avec des coups qui sont portés et un vrai engagement physique mais sans trop se faire mal. »

A l’épée ou au sabre

Premier avantage, tous les coups de taille sont permis mais pas l’estoc ! Muni d’épée et de bouclier en mousse, on peut laisser parler sa puissance en tapant avec le tranchant de son arme, pas la pointe. L’attirail du combattant est composé de simulateurs défensifs de type « bouclier » ou « bocle ». Ce dernier, tout rond, n’est pas le long de l’avant-bras, mais on le porte comme un poing devant soi. Les simulateurs offensifs sont essentiellement de type « épée » que l’on porte à une ou deux mains.

Il y a aussi des catégories tests avec une épée dans chaque main, ou encore le sabre, plus répandu dans la culture slave. Tout ça en version mousse. Certains clubs se penchent même sur les armes d’hast, notamment les vouges (une lame de charrue au bout d’un grand manche). Là, on se rapproche vraiment du béhourd, car dans les combats à 21 contre 21, il y a souvent la ligne de combattants avec fauchon et bouclier, et, derrière, la ligne d’hastiers qui va venir frapper par-dessus les premiers pour essayer de « descendre » l’adversaire.

Ainsi on touche au deuxième avantage du MSF. « On peut faire du 5 contre 5, et c’est le seul sport de combat qui permet de combat de groupe avec des enfants. Tous les coéquipiers ont deux points de vie, à chaque fois qu’ils sont touchés par l’adversaire ils perdent un point. Quand ils n’ont plus de vies, ils ne peuvent plus prendre part au combat« , explique le technicien.

Un entraînement par semaine pour le petit bataillon de 5 à 17 ans et voilà les meilleurs d’entre eux sélectionnés pour les 3e championnats d’Europe de l’histoire de cette discipline sportive, à Minsk (Biélorussie) en mars dernier. En compétition avec la Pologne, la Turquie, la Biélorussie, la Lituanie, la Moldavie, l’Autriche, la Russie, Chypre, l’Ukraine ou la Kazakhstan, les nouveaux venus français ont ramené deux médailles de bronze inespérées dans les un contre un.

Avec un contingent de seulement sept sportifs, les locaux ont dû faire des alliances avec la Russie, la Biélorussie ou Israël pour concourir en 5 contre 5, l’occasion de se livrer à du transfert technique, stratégique et de faire le plein d’émotions.

Dans cette discipline, « l’objectif ce n’est pas la reproduction du geste parfait historique comme dans les AMHE (arts martiaux historiques européens). C’est l’efficacité, compte tenu des contraintes du bouclier, de l’épée et des zones de touche. Le travail cible la vitesse d’exécution, la précision et la force. » Il se rapproche ainsi des techniques de jeu de jambe, d’esquive et de feinte de la boxe.

Et la priorité de Guillaume Andrieux n’est pas « de faire des warriors« , c’est de développer le nombre de clubs en France, pour augmenter le niveau parce qu’il y aura plus de compétition et plus d’expérience. D’ici là, la toute jeune fédération France Modern Sword Fighting aura sûrement acquis ses galons de fédération française délégataire, vu l’intérêt que suscite ce sport chez les petits et les plus grands.

 

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